ORthopédie vétérinaire à nouméa en
nouvelle calédonie

Depuis de nombreuses années, la chirurgie orthopédique est une activité importante de la clinique qui a toujours investi pour disposer d’un plateau technique complet.

Animaux référés par des confrères, animaux traumatisés par les nombreux accidents de la voie publique, une calamité Néo-Calédonienne qui ne touche pas que les animaux, problèmes de croissance congénitaux ou non…les indications sont nombreuses.

Quand consulter en orthopédie ?

- Votre animal boite, a des difficultés à se lever, courir ou sauter, montre des signes de douleur ou une déformation à une articulation ou un os.
- Votre animal a eu un accident, fracture, entorse, luxation…
- Votre animal fait partie d’une race reconnue pour présenter une fréquence importante de maladie de croissance : dysplasie des hanches ou des coudes, ostéochondrite disséquante  pour les grands chiens, luxation de la rotule pour les petits…


Quelles sont les différentes techniques utilisées ?

- La radiographie numérique reste quasiment incontournable : l’obtention de clichés de haute précision en quelques secondes  sur un écran informatique permet souvent d’obtenir le diagnostic sans même endormir l’animal.
- L’échographe peut être utile dans l’examen des lésions tendineuses : déchirure, dilatation, inflammation ou arrachement.
- L’ostéosynthèse est la réparation chirurgicale des fractures. En fonction de multiples paramètres, le chirurgien choisira d’utiliser :
- Des broches filetées ou non, des cerclages
- Des plaques de différente nature (verrouillée, de reconstruction, spécifique d’une chirurgie…)
- Des systèmes de fixation externe
- Des prothèses 
- Des combinaisons de ces différents implants, tous en métal de grade chirurgical…


La rupture du ligament croisé antérieur du genou 

C’est sans doute la cause la plus fréquente de boiterie postérieure chez le chien. Le genou (ou grasset) comporte plusieurs ligaments solides qui limitent les mouvements articulaires. Le ligament croisé antérieur est constitué par deux bandes de tissu qui s’insèrent sur la partie postérieure du fémur et sur la partie antérieure du tibia. Lorsque le chien pose la patte, il se met en tension et évite au tibia d’être chassé vers l’avant.

La rupture est rarement occasionnée par un traumatisme violent : en fait, il s’agit plutôt d’une dégénérescence progressive du ligament lui-même, sous l’influence de facteurs plus ou moins connus (l’excès de poids, la race ou l’âge par exemple, mais peut être la stérilisation précoce). Il est fréquent du coup que les chiens atteint se cassent l’autre ligament dans les années qui suivent !

La rupture se manifeste en général par une boiterie soudaine après un exercice, mais certains animaux présentent une boiterie chronique, progressive, surtout dans les cas de rupture partielle.

Le diagnostic est en général facile, bien qu’il puisse nécessiter une sédation chez les animaux très musclés ou nerveux. Il suffit au vétérinaire de rechercher le déplacement anormal du tibia par rapport au fémur : le mouvement de tiroir. Souvent, on déclenche en plus un claquement généralement annonciateur d’une lésion méniscale surajoutée.

Le traitement est le plus souvent chirurgical, bien que les petits chiens légers dotés de genoux tout tordus (genre chihuahua…) tolèrent plutôt bien la lésion. Pour les chiens de moyens et gros format, laisser le ligament cassé entraine à moyen terme le développement d’une arthrose invalidante et une amyotrophie progressive du membre qui n’est plus utilisé.

Il existe de très nombreuses techniques pour réparer les ruptures de ligament croisé, ce qui est assez mauvais signe, puisque cela veut dire qu’aucune ne fait l’unanimité ! Toutes tendent à neutraliser le mouvement de tiroir.

Le secret de la réussite est de choisir la technique en fonction de l’animal, et de ce que vous en faites !

Pour les chats, les petits chiens peu sportifs, nous pratiquons une technique extra-capsulaire. Le genou est ouvert pour enlever les débris de ligaments et vérifier les ménisques, mais la stabilisation repose sur des fils tendus entre les os sésamoïdes et la crête tibiale. On peut aussi avec cette technique corriger une luxation de la rotule en jouant sur les différences de tension latéral/médial.

Pour les chiens plus gros, pas forcément très actif, la technique choisie est celle qui fut la plus employée et qui continue à donner satisfaction : la prothèse ligamentaire en fascia lata. Ce tissu très solide ressemble à une membrane fibreuse qui recouvre les muscles latéraux de la cuisse du chien. On en prélève une bande assez longue, qu’on laisse attachée à son insertion distale. On va ensuite lui faire traverser le genou selon une trajectoire qui reproduit celle du ligament croisé, puis on la fixe sur le condyle médial à l’aide d’une vis munie d’une rondelle crantée.

Pour les chiens plus lourds, ou plus actif, ou encore lors d’une intervention tardive sur un ligament rompu depuis longtemps avec une boiterie chronique et une arthrose importante, les techniques les plus récentes reposent sur la modification de la  pente tibiale. Il s’agit de pratiquer une  ostéotomie correctrice sur le tibia, soit au niveau de son extrémité proximale (TPLO), soit en dessous de la crête tibiale (TWO). Cette chirurgie permet aussi d'obtenir une récupération fonctionnelle très rapide, puisque les animaux commencent à appuyer le membre opéré avant même le retrait des points de suture !

On commence par mesurer l’angle que fait la pente tibiale : Cet angle est ensuite reporté sur le tibia, diminué de 5 degré, et correspond à l'angulation qu'il faudra donner au plateau après l'ostéotomie.

La dysplasie de la hanche 

La dysplasie de la hanche est une anomalie de développement de l’articulation coxo-fémorale caractérisée par une luxation plus ou moins complète de la tête du fémur. Très fréquente chez les grandes races,  le support en est essentiellement génétique, ce qui explique les efforts de dépistage mis en place par les clubs de races pour faire baisser l’incidence de cette pathologie en écartant de la reproduction les animaux trop lourdement atteint. Il faut garder à l’esprit que la transmission est complexe, que d’autres facteurs rentrent en jeu (l’alimentation, l’exercice…). Ainsi, acheter un chiot issu de parents indemnes de dysplasie constitue une sécurité mais pas une garantie qu’il ne soit pas atteint.

La détection doit se faire précocement afin de conserver toutes les options de traitement. Lors des consultations vaccinales, le vétérinaire teste une éventuelle réaction de défense à la manipulation de la hanche en abduction/extension, et vous interroge sur le comportement du chiot : arrive t’il à sauter vers le haut, sa course est elle normale ?

En cas de doute, il vous sera recommandé une radiographie de dépistage. Celle-ci est obligatoire si vous souhaitez faire reproduire un animal inscrit au LOF et appartenant à une race où le dépistage existe (Berger Allemand, Rotweiller, Briard, St Bernard…). L’âge de réalisation de l’examen est alors lui aussi imposé (par exemple minimum 12 mois pour les Rotweiller), et souvent couplé à la détection de la dysplasie des coudes. Dans ce cas, les radiographies seront envoyées en métropole pour être interprétées par des lecteurs spécialistes de la race.

Cette radiographie s’effectue obligatoirement sous anesthésie générale et dans une position très codifiée. 

On mesure alors l’angle de Norberg Olsson dont la valeur déterminera le classement de la dysplasie en 4 stades, de A (pas de dysplasie, supérieur à 105°) à E (dysplasie sévère, inférieur à 90°).

L’évolution de la maladie si elle n’est pas prise en charge se fait vers une arthrose qui peut être très douloureuse et invalidante. De façon assez habituelle, les chiots atteint souffrent parfois vivement (c’est la distension de la capsule articulaire qui est la cause majeure de la douleur), puis les signes disparaissent jusqu’à l’apparition de l’arthrose, à un âge variable en fonction de la sévérité de l’atteinte initiale et de facteurs environnementaux. Il y a donc un vrai silence clinique, souvent entre 1 an et demi et 5-6 ans.

Que faire si mon animal est atteint ?

D’abord, éviter de paniquer. La dysplasie est une maladie invalidante mais nous disposons maintenant d’une approche thérapeutique complète et variée. Il n’y a pas une solution unique, mais une démarche à adopter en concertation avec le vétérinaire.

Les traitements conservateurs.

En clair, cela signifie pas de chirurgie ! Il faut administrer des médicaments contre la douleur, d’autres destinés à protéger le cartilage, par-dessus tout faire maigrir le chien et lui conserver une activité physique. Je vois régulièrement des animaux tellement améliorés par le régime que les propriétaires renoncent à l’opération !

Les chirurgies.

L’objectif des chirurgies (enfin, de celles qui fonctionnent car il y a eu de très nombreuses procédures testées…et peu efficaces) est d’augmenter la couverture de la tête du fémur par le cotyle, ou de remplacer tout ça par une bonne vieille prothèse !

C’est alors l’âge qui détermine l’intervention à conduire.

La symphysiodèse pubienne juvénile est une technique simple consistant à détruire avec un électrocautère les cellules responsables de la croissance des branches pubiennes. La soudure prématurée de la symphyse entraîne mécaniquement un recouvrement plus important de la tête fémorale. Le principal défaut de cette chirurgie est qu’elle n’est efficace que sur des chiots de moins de 20 semaines…et qu’il est très difficile de déterminer à cet âge si le chiot sera atteint ou pas, d’autant qu’aucune douleur n’est extériorisée à cet âge ! C’est par contre la seule chirurgie permettant de traiter les deux hanches en une fois, même si le degré de correction n’est pas aussi important que par la technique suivante.

La triple (ou double) ostéotomie du bassin.

C’est la technique de référence. Pratiquée à la clinique depuis une quinzaine d’année, cette chirurgie permet de restaurer une couverture acétabulaire suffisante en faisant pivoter le fragment de bassin concerné, isolé par 3 coupes osseuses. Une plaque spécifique permet d’immobiliser le fragment avec un angle de réduction prédéterminé. Il est rare d’avoir à opérer les deux cotés, l’amélioration apportée par la première chirurgie fait que le chien reporte son poids sur la patte opérée, ce qui minore douleur et apparition de l’arthrose sur le coté laissé intact.

Il est par contre impératif d’opérer avant la fin de la croissance du chien, et tant que les signes d’arthrose restent minimes et que le cotyle n’est pas comblé.

La prothèse de hanche

C’est la seule technique capable de restaurer une fonction normale sur une hanche abîmée et arthrosique. D’une réalisation technique difficile, c’est une chirurgie très coûteuse et exigeante qui nécessite une formation particulière. 

Autant la chirurgie est complexe, autant le principe est simple : on enlève ce qui ne va pas et on remplace par des prothèses ! Celles-ci peuvent être vissée ou cimentée, et existent en diverses tailles en fonction du poids du chien. Chez le jeune chien, on préfère les prothèses vissées dont le matériau et la fabrication entraînent une ostéogenèse qui fixe le matériel de façon biologique. Chez les animaux plus âgés, les prothèses cimentées permettent de s’affranchir des capacités d’ostéosynthèse. Le risque septique est alors majoré.

Les luxations de la rotule

La rotule est un petit os triangulaire situé devant le genou. Elle participe à son fonctionnement en coulissant dans une gorge formée par le fémur : la trochlée. Elle est incluse dans le tendon patellaire (celui sur lequel votre médecin tape avec son marteau pour tester le réflexe…) qui s’insère sur la crête tibiale. Celle-ci, la rotule, et le muscles quadriceps sont donc alignés.

La luxation de la rotule correspond à son passage hors de la trochlée fémorale. Dans 80 à 90 % des cas, la luxation est médiale, c'est-à-dire que la rotule se retrouve vers l’intérieur de la patte. Souvent, la luxation est d’abord intermittente (la rotule passe de sa position normale à la position luxée), puis devient permanente au fur et à mesure que le genou se modifie. Il peut être nécessaire de recréer la gorge.

Des malformations plus complexes peuvent associer le fémur, le genou ou la hanche et nécessiter un traitement chirurgical complexe. Ici, l’association d’une ostéotomie de varisation fémorale, d’une rotation interne du genou, d’une trochléoplastie et d’une transposition de la crête tibiale.

Les fractures

Des livres entiers sont consacrés aux fractures et aux moyens de les traiter ! L’expérience du chirurgien et la qualité de l’équipement sont des facteurs déterminants pour la réussite, mais il ne faut pas oublier le rôle du propriétaire. Si vous vous cassez le fémur et que le chirurgien vous dit de rester allongé avec la jambe en extension pendant un mois sans bouger du lit, vous aller le faire…mais essayez donc de demander à un chien ne serait ce que de rester calme ! Il faut s’astreindre à respecter les consignes et à faire les soins post-opératoires qui sont pour beaucoup dans le résultat final, même si nous nous efforçons de faire des montages orthopédiques les plus stables et tolérant possibles.

Je vous invite à parcourir des exemples, sur le mode avant/après dans notre galerie photo.